Étiquette : Sorbonne U

Journée carte blanche aux associations #2

Journée carte blanche aux associations #2

Le jeudi 12 avril, nous avons participé à la journée carte blanche aux associations #2, à l’Espace Vie Étudiante (patio 24-25) du campus Pierre et Marie Curie (Jussieu).

Nous avons fait rétrospective composée d’affiches et photographies de mai 1968 et des luttes et mobilisations sociales d’aujourd’hui. A ce titre nous avons aussi tenu une table pour informer sur notre syndicat et nos actions sur le campus.

Merci à toutes les personnes qui ont participé à la journée carte blanche aux associations #2! A très bientôt sur le campus, ou dans la rue! 😉

Voici quelques photographies des panneaux disposées sur la journée à l’entrée de l’Espace Vie Étudiante.

 

Enjeux des luttes d’hier et d’aujourd’hui

L’enjeu des luttes sociales ou «mouvements sociaux» est l’acquisition de «droits sociaux», de libertés «émancipatrices» comme «travailler moins», «avoir une couverture sociale», bref ne pas être astreint à juste «consommer», «travailler», «dormir». Elles passent souvent par des enjeux de réappropriation de notre vie, notre travail, nos espaces. Bref sortir de logiques définissables «aliénantes» au sens ou elles nous privent de notre «capacité à nous déterminer», le mot est fort mais il a son sens.

L’enjeu principal de ces mobilisations est l’acquisition de droits par celles et ceux qui en «manquent» face à celles et ceux qui ont «tout». Ces mots vu souvent comme «folkloriques», ne le sont pas tant que ça face au discours utilisé constamment face à chaque mouvement; nous vous invitons d’ailleurs à lire l’article d’ACRIMED à ce sujet qui recense les termes utilisés par les médias et les élus, et autres «dominants» qui sont souvent discréditant.

Ces mouvements d’hier et d’aujourd’hui font écho aux évènements actuels dans nos universités, nos gares, nos hôpitaux, nos centres d’imposition (oui oui!), nos tribunaux, la fonction publique en général et à la «zone à défendre» de Notre Dames des Landes. La somme des mouvements d’aujourd’hui s’inscrit dans celles des mouvements passés proclamant un «ASSEZ» dans un premier temps puis visant à demander ensuite de nouveaux droits face à celles et ceux qui ont tout et qui veulent nous priver du peu que nous partageons (les services publiques).

Diverses sources sur Mai 1968 et autres mouvements

Compte-rendu : atelier de préparation du projet d’établissement de Sorbonne U (19/01/2018)

Compte-rendu : atelier de préparation du projet d’établissement de Sorbonne U (19/01/2018)

Ci-dessous une version allégée du CR complet, accessible ici.

Le 19/01/2018, de 14h10 à 16h15, en amphi C (campus Pitié).

Étaient présent·e·s une soixantaine de personnes (à vue d’œil), parmi lesquelles 6 étudiant·e·s (4 AGEP, 2 Solidaires Étudiant-e-s Jussieu*). Pour « présider » l’atelier, Laurent Buisson, vice-président « partenariats économiques » (ou quelque chose comme ça) ; animateur·ice·s : une femme travaillant à l’orientation et l’insertion professionnelle (sciences), une femme travaillant en LEA (lettres), une élue AGEP du conseil de fac de médecine, et un élu AGEP membre du bureau de Sorbonne U.

Introduction

Je m’y suis rendu avec une camarade de Solidaires sans trop savoir vers quoi on s’engageait.

Buffet à l’entrée de l’amphi, ça fait toujours plaisir avant de discuter entre gens sérieux de l’avenir de l’université.

En introduction, Mr Buisson rappelle que c’est la première fois que la définition du projet d’établissement (obligatoire tous les 5 ans) coïncide avec l’année d’une fusion. Les autres universités de la même vague (comprendre : même année) devaient rendre le leur en septembre, SU (Sorbonne Université) a négocié pour rendre le sien en avril.

Le calendrier de travail pour ce projet d’établissement est en annexe dans la version complète. Les ateliers de cette semaine servent à mettre en évidence les problèmes, idées et projets auxquels le projet d’établissement peut répondre. D’autres en févriers définiront les priorités parmi les points évoqués. Mr Buisson se félicite que « la diversité de Sorbonne Université » soit présente (pas vu beaucoup de nos camarades des syndicats pro, ni beaucoup d’étudiant·e·s, mais bon). On entend dans les haut-parleurs le son de l’amphi d’à côté : SU, cette université high-tech.

 

Des idées en tout genre

La première partie concernait l’orientation et les choix des étudiant·e·s. Il a été question de la diversité sociale à Sorbonne U, et d’éventuelles voies d’accès spécifiques pour les lycéen·ne·s issu·e·s de milieux défavorisés. On a aussi tenté d’évoquer les dangers de la loi Vidal, d’aborder les questions de sélection, de moyens, de mise en œuvre de la réforme … sans succès. Réponse de l’animatrice : « La CFVU travaille actuellement dessus », point ; et pas franchement de soutien dans la salle. Il a aussi été question de l’articulation formation initiale/formation continue, et de la prise en charge des étudiant·e·s en L1.

On a ensuite abordé la poursuite de la transformation de la licence, avec les questions de partenariats internationaux à prendre en compte, de majeure-mineure et de 4ème année « bonus » pour avoir un second diplôme de licence dans sa mineure. On a parlé individualisation des parcours, notamment en ce qui concerne les étudiant·e·s salarié·e·s, et cours filmés, parce qu’on est une université de pointe, faudrait pas l’oublier.

On a rapidement évoqué « l’appui à la formation et l’innovation pédagogique », en parlant de réduire les temps de cours présentiels des étudiant·e·s pour leur permettre d’avoir plus de temps pour se faire aider individuellement.

La partie suivante concernait le suivi des étudiant·e·s et l’insertion professionnelle. J’aurais bien aimé aborder l’OIP, mais le contexte ne s’y prêtait pas. A la place, on a parlé valorisation de l’engagement étudiant, stages pour éviter de sortir de l’université sans expérience professionnelle, et visite d’entreprises. Il a été reconnu que les compétences développées par les étudiant·e·s lors de leur cursus ne sont pas seulement disciplinaires. Par ailleurs, un projet de monitorat étudiant semble envisagé.

 

On a ensuite abordé la plus grosse partie de l’atelier : la vie étudiante. La copine avec qui j’étais a parlé du projet que l’on porte avec d’autres asso d’ouvrir un bâtiment pour que nous puissions enfin bénéficier de locaux, mais on reviendra là-dessus dans un prochain article. Les personnes présentes n’ont pas eu l’air de le désapprouver, l’une d’entre elle posant même la question : « Aura-t-on le courage politique d’accorder du temps à la vie associative et à l’oisiveté éclairée ? ». On a pas mal discuté du temps et des espaces dédiés à la vie étudiante, et on est revenu sur la question de la valorisation de l’engagement … en concluant qu’il ne faudrait pas que ça serve à compenser de « vraies » UE.

On a parlé restauration, avec le manque de restaurants dans certains campus de médecine, ainsi qu’au travers de la demande croissante en restauration respectueuse de l’environnement et des producteur·ice·s, avec notamment les circuits courts.
On a appris qu’il pourrait peut-être, à l’avenir, y avoir des logements étudiants sur Jussieu, ou sur des terrains appartenant à Sorbonne U dans Paris. On a également appris que « le schéma directeur de Jussieu prévoit des espaces de vie de campus rue Cuvier [côté bâtiment F] : il ne s’agirait pas de locaux d’enseignement ni de labos, mais éventuellement de logements, d’installations sportives … ou de locaux associatifs ».

Une personne est revenue sur les questions de réforme, en mettant en avant Parcoursup, et le fait que le « oui si » ne serait que cosmétique : faute de financements et d’embauche d’enseignant·e·s, il n’y aura probablement aucun parcours de remise à niveau proposé dans les 1 à 2 ans à venir, donc aucune réponse « oui si ». Par ailleurs, le problème de la saturation des filières et de l’impossibilité de réorientations internes au cours de l’année dans ces conditions a été mise sur la table … mais est quasiment resté sens réponse. L’assistance semblait tout de même s’accorder sur le fait que les délais sont trop courts, et les locaux trop petits pour pouvoir s’adapter à une telle réforme d’ici la rentrée prochaine.

 

On est ensuite passé à la partie « vie des campus », où la possible création d’une « pass culture et sport » a été évoquée. Globalement, cette partie a surtout concerné les questions de sport (gratuit, mais les étudiant·e·s n’en profitent pas suffisamment) et de culture (ouverture des campus sur leur quartier, besoin d’un lieu dédié à l’action culturelle sur Jussieu).

Les humanités numériques ont rapidement été évoquées, il semble nécessaire de ne pas les laisser uniquement aux mathématiciens et informaticiens, mais de les intégrer dans toutes les formations.

Après ça, on a parlé d’« apprendre à entreprendre », avec le cas des étudiant·e·s montant leur entreprise.

Pour finir, la question de « comment faire prospérer la communauté » de Sorbonne U, et plus précisément « comment créer un sentiment d’appartenance », a été posée. Plusieurs pistes ont été proposées, comme des cérémonies de remise des diplômes ou le développement de réseaux d’ancien·ne·s étudiant·e·s.

 

Conclusion

La séance s’est finie assez abruptement, mais bon. Personnellement, je n’ai pas pu aborder tous les points que j’aurais aimé (OIP, compensation, startup, IDEX), mais le climat ne s’y prêtait pas trop, et de toute façon la plupart des questions sont restées sans réponses. Si ça se trouve c’était le but et j’ai rien compris.

Je ne regrette pas du tout d’y être allé, on a appris quelques trucs et on a pu tenter de porter une certaine vision de la fac, même si on était ultra-minoritaires. Affaire à suivre tout de même.

* Membres des listes « Alliance Solidaires et Déchaînées ».