Étiquette : manifestation

Une pensée pour les familles des vitrines

Une pensée pour les familles des vitrines

Le traitement médiatique de la violence [Attention, cet article parle de violences policières]

 

Que l’on pense qu’une forme de violence soit légitime ou pas, le traitement médiatique de cette violence diffère totalement en fonction de qui l’exerce. Ce sont les dominants qui écrivent l’histoire, et conditionnent le récit médiatique.

Prenons comme exemple le traitement médiatique réservé aux manifestant·es. L’imaginaire qui est mobilisé dans ce cas est celui de la brutalité, de l’agressivité et de la volonté de destruction. Un cas récent et concret* : une manifestation dans le cadre d’un festival antifasciste, où un feu a été allumé dans une banque et où il n’y a eu aucun·e blessé·e ni chez les policiers, ni chez les manifestant·es.

D’abord, le titre racoleur « Une manifestation antifasciste dégénère à Angers » évoque des images choc pour ce qu’il s’est réellement passé. Ensuite il y a cette phrase : « En marge de la manifestation, plusieurs casseurs en tête du cortège se sont attaqués à des banques et à des policiers », qui présente une violence consciente et planifiée du cortège de tête, impliquant une agressivité naturelle et non justifiée. Elle implique aussi que c’est la tête du cortège qui a débuté les hostilités et donc qu’elle est la seule origine de violences.

L’expression « En marge de la manifestation » est aussi très importante, car elle sépare les actions du cortège de tête du reste de la manifestation. Or ces actions s’inscrivent dans le contexte et les raisons de la manifestation. Sortir l’action de son contexte permet ainsi de la discréditer.

La phrase qui suit « Plusieurs vitrines de banques du centre-ville ont été brisées et une autre incendiée tandis que des policiers qui encadraient la manifestation ont été victimes de jets de projectiles. » renforce cette idée de violence spontanée des manifestant·es et donne une vision de la police très orientée : celle-ci « encadre » puis est « victime ». Ces expressions placent la police hors du conflit et la traitent au même titre que les vitrines innocentes.

La police est pourtant un élément actif de la violence.
Ils frappent, chargent, attaquent, poursuivent, arrêtent, harcèlent.
Le paragraphe suivant donne la parole à la municipalité d’Angers, qui se place du côté de la police. Aucune autre personne n’est interrogée, et aucune information sur les motivations de la manifestation n’est donnée.

On retrouve systématiquement cet écart dans le traitement par les médias de la violence.

La violence du gouvernement et de la police (violence institutionnelle) est toujours présentée comme légitime et défensive, là où les actions des militant·es et manifestant·es, sont présentées comme violentes et agressives.

En général cette différenciation se déploie de la manière suivante :

— Quand la police commet des violences contre des personnes (harcèlement, coups, blessures), c’est le champ lexical de la défense qui est utilisé. Les violences des policiers sont toujours justifiées : les manifestant·es les méritent. Quand un policier tue quelqu’un, on va analyser profondément le profil de la victime et trouver le plus d’informations dégradantes sur elle (casier judiciaire, habitudes de vie, etc).

— Quand des manifestant·es dégradent du matériel, c’est le champ lexical de la brutalité, de l’agressivité et du danger qui est utilisé. Dans l’exemple précédent, quand un·e manifestant·e casse ou tague une banque, les raisons de ces dégradations ne sont pas abordées : ça peut être lié aux scandales touchant certaines banques ; ou bien être une attaque symbolique, les banques ayant un rôle important dans le maintien d’une économie capitaliste de merde.

Lorsque l’on parle des victimes des policiers, il s’agit d’un « accident », voire d’une « bavure », d’un « dérapage ».
C’est complètement hypocrite : la majorité des victimes de la police (mort·es ou blessé·es) le sont dans le cadre de contrôles réglementaires et légaux.

* https://www.bfmtv.com/police-justice/une-manifestation-antifasciste-degenere-a-angers-1528692.html

Agenda de la mobilisation sur Jussieu 2018#1

Agenda de la mobilisation sur Jussieu 2018#1

Sélection à l’entrée de l’université, hostilité envers les exilé·e·s, casse des services publics, répression des mouvements sociaux, multiplication des attaques de milices d’extrême droite… Les raisons de se mobiliser ne manquent pas en ce moment. Ça tombe bien, notre détermination non plus ! Que ce soit sur Jussieu ou en dehors, au travers de débats ou de manifestations, les moyens de se mobiliser sont tout aussi nombreux. Rejoignez-nous !

Les dates!

Lundi 09 avril

  • Réunion hebdomadaire du comité de mobilisation
    12h45, Maison des syndicats (65-66 5ᵉ étage)
  • 13h, Esplanade des invalides (métro 10 Invalides)
  • Programe des cours, ateliers alternatif du centre de clignancourt (ex Paris 4)
    • Espace de travail : Permanence d’Anglais
      • 10h-11h : Question de cours et méthodologie de la civilisation
      •  11h-12h : Atelier d’entraide et de révision L1-L2-L3
      •  13h-14h : Réflexion sur les problématiques de la civilisation britannique et américaine.
      • 14h-15h : Réflexion et débats sur les points d’actualité au Royaume Uni, aux États-Unis et ici.
    • Amphi Chaunu :
      • 10h : cours alternatif : « les luttes inter-sectionnelles » par Olivia Fiorilli (sociologue spécialiste du genre)
      • 11h30 : cours alternatif : « l’histoire de la CFDT »
      • 14h : cours alternatif : « le militantisme grassroots » par Sarah Leboime, enseignante en civilisation américaine
      • 16h : atelier/discussion sur le fascisme.
    • Amphi Vidal :
      • 9h : atelier/discussion sur l’autisme
      • 10h30 : cours alternatif : « la littérature du voyage »
      • 14h : atelier/discussion sur le sanisme
      • 15h30 : cours alternatif : « Science et anarchisme » par Charles-Henri Morling, professeur agrégé en études anglophones

Mardi 10 avril

Mercredi 11 avril

Jeudi 12 avril

Dimanche 15 avril

1ère Note: Pour les cours alternatifs à l’occupation du site Clignancourt vérifiez (surtout) le compte Facebook du comité de mobilisation de Paris 4 ou les comptes Twitter et Facebook de l’AGEPS et Solidaires étudiant-e-s Sorbonne université Lettres.
2nd Note: nous essaierons de mettre a jour l’agenda en temps réel mais rien de promis! De même des changements de dernière minute pourraient exister et seront plus vite reportés sur les réseaux sociaux.

Contacts et réseaux sociaux (pour Jussieu)

Solidaires étudiant·e·s Jussieu

C’est nous! Bref, on se présente plus ici.

Jussieu en Lutte

Comité de mobilisation intemporel regroupant des personnes encartées ou non dans des organisations syndicales, associatives ou politiques de l’université désirant participer à la mobilisation sur Jussieu.

Contact et réseaux sociaux (pour l’ex Paris4)

Solidaires étudiant·e·s Sorbonne Université Lettres:

Notre syndicat jumeau aussi membre de l’Alliance Solidaire et Déchaînées. <3

L’Association Générale des Étudiant-e-s de Paris Sorbonne – L’AGEPS

Syndicat indépendant de l’ex Paris 4 avec qui nous travaillons conjointement, aussi membre de l’Alliance Solidaires et Déchaînées.

Comité de mobilisation de Paris 4

Comité d’étudiant·e·s des sites Clignancourt, Malesherbes et Sorbonnes, désirants s’investir dans la mobilisation contre la sélection, la loi de «Réussite et d’Orientation des Étudiant·e·s» et les attaques de l’éducation.

La fac de Toulouse mise sous tutelle car « ingouvernable »

La fac de Toulouse mise sous tutelle car « ingouvernable »

Ce mardi, la fac de Toulouse Le Mirail a été mise sous tutelle par la ministre Frédérique Vidal dans le but de casser le mouvement de grève qui s’y développe.

 

Un mouvement qui dure

De Paris à Toulouse, on veut pus de flouz !Cela fait plusieurs mois qu’étudiant·e·s et personnels de l’université Toulouse 2 Le Mirail se battent avec la présidence, leurs tutelles (entre autre l’ANR, qui gère les IDEX) et le ministère pour refuser la fusion qui leur est imposée avec les universités Toulouse 1 (Capitole) et Toulouse 3 (Paul Sabatier). Tout comme nous auparavant, iels rejettent les logiques de concurrence entre les universités, réclament des financements à la hauteur de leur besoin (et pérennes, c’est donc logiquement qu’iels ont rejeté l’IDEX) et craignent de voir naître une usine à gaz administrative mettant en danger les droits des étudiant·e·s (hausse des frais de scolarité, perte d’autonomie politique et scientifique, politique de rentabilité généralisée …).

De plus, avec l’arrivée sur le devant de la scène universitaire du Plan étudiant et de la loi Vidal, cette mobilisation s’est encore amplifiée. Ce sont plus de 1000 personnes qui se réunissent chaque semaines en Assemblée Générale, remplissant largement un amphi et se massant à l’extérieur pour prendre part aux débats et aux décisions d’un mouvement qui se veut le plus large possible. Depuis plusieurs semaines, l’AG a voté et reconduit le blocage de la fac. Les conseils centraux (Conseil d’Administration, Commission de la Formation et de la Vie Universitaire, etc.) sont par ailleurs systématiquement empêchés, et un certain nombre de leurs membres ont démissionné il y a quelques semaines, affirmant leur soutien aux étudiant·e·s et personnels mobilisé·e·s.

Le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille

A côté de ça, dans beaucoup de villes partout en France, des AG ont lieu, des manifestations aussi, des blocages de facs parfois, et même des cours autogérés (qui a dit que c’était impossible?). Toulouse est, de loin, la ville la plus mobilisée, mais s’inscrit dans un mouvement plus global de contestation de la politique éducative (voire générale) du gouvernement Macron et de ses prédécesseurs.

Sauf que ça, ça ne lui plaît pas, au gouvernement. Il est là pour gouverner, lui. Sauf que Toulouse 2, d’après le ministère, est « ingouvernable ». Tellement ingouvernable que, les Conseils d’Administration n’ayant pu se tenir depuis plusieurs mois, aucun budget n’a été voté pour 2018. C’est en invoquant cette raison que la ministre a pris la décision, ce mardi 20 mars, de dissoudre les conseils (élus par les personnels et étudiant·e·s), de placer la fac sous tutelle (en désignant un administrateur provisoire, Richard Laganier), et d’appeler à la tenue de nouvelles élections d’ici trois mois ; et jusqu’à cette échéance, elle a donc le contrôle effectif de la fac, et la menace d’une intervention policière dans les jours à venir pour débloquer la fac n’est pas démentie. Vous avez dit coup d’État ? Autoritarisme ?

Enfin pas sûr que ce contrôle soit vraiment effectif : en réaction, les étudiant·e·s et personnels mobilisé·e·s réuni·e·s en assemblée générale ont voté non seulement le maintien du blocage, mais également l’occupation de la fac jusqu’à nouvel ordre. S’iels ont prévu d’être pacifiques en cas d’intervention policière, préférant jouer la sécurité, iels n’en sont pas moins déterminé·e·s à continuer à se battre pour que leurs revendications soient entendues.

Soutien aux camarades toulousain·e·s

Partout en France (et même au-delà, à entendre certaines rumeurs!) des messages de solidarité et de soutien ont afflué. A Paris, un rassemblement de soutien a été appelé assez spontanément le jour même à 19h place de la Sorbonne. Nous avons été quelques un·e·s de Jussieu à y prendre part (avec banderole en dentelle et pancartes à slogans). Ce qui devait n’être qu’un rassemblement statique s’est transformé en manifestation en direction du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (rue Descartes, Paris 5e) ; arrivés là, nous avons été accueilli·e·s par des CRS prêts à défendre « l’ordre et la loi » (ceux-là même qu’on retrouve à frapper des étudiant·e·s dans les amphis occupés) et sommes partis pour une petite ballade dans le quartier latin.

Nous nous sommes finalement donné rendez-vous le jeudi suivant, le 22 mars, afin de prendre part à la manifestation interprofessionnelle et nationale de la fonction publique, pour affirmer à nouveau notre exigence d’un service public d’enseignement supérieur de qualité (et donc financé selon ses besoins et non sélectif) et notre solidarité envers les travailleur·se·s des autres secteurs (cheminot·e·s, profs, hospitalier·e·s, etc.). Une assemblée générale des étudiant·e·s et personnels se tiendra à Jussieu en amphi 55B à partir de 11h30, puis un départ collectif aura lieu en direction de la manifestation de la fonction publique (14h à Bercy, direction Bastille pour converger avec celle des cheminot·e·s).

 

Soyons tou·te·s ingouvernables.