Étiquette : exilé-e-s

Expulsions en série

Expulsions en série

Les débats autour de la loi Asile et Immigration ont permis de mettre en lumière la lutte des sans-papiers, ancienne mais souvent invisibilisée.

Pour protester contre cette loi et loger celleux qui dormaient à la rue, plusieurs facs ont été occupées l’année dernière. Si à Jussieu l’occupation en pleine vague de froid fût évacuée sans ménagement sous menace policière par la présidence de la fac — alors que le bâtiment occupé était vide et chauffé –, certaines ont duré. Pendant trois mois des exilé·es ont occupé des bâtiments de l’université de Nantes, et l’occupation d’un bâtiment à Paris 8 à Saint-Denis a duré quatre mois.

Malgré les promesses de régularisation de la présidente de Paris 8, les éxilé·es ont été expulsé·es en juin dernier, dans des conditions particulièrement violentes. Les personnes ont été séparées selon leur couleur de peau, et celleux s’exprimant en arabe ont été gazé·es sans ménagement. A noter aussi l’expulsion récente du squat Schaeffer à Aubervilliers, forçant les occupant·es à s’installer dans le square attenant, sans possibilités de se protéger des intempéries.

Communiqué relatif à l’occupation d’un bâtiment par les exilé-e-s

Communiqué relatif à l’occupation d’un bâtiment par les exilé-e-s

Édition du dimanche 4 mars 2018: Un rassemblement est prévu en bas de la tour Zamansky à partir de 14:00 le mercredi 7 mars 2018, pour exprimer le mécontentement et l’indignation à propos du comportement de la présidence face à la gestion de cet évènement.

Ce mercredi 28 février 2018, une occupation d’un bâtiment sur le campus Pierre et Marie Curie de Sorbonne Université par les exilé·e·s a eu lieu de 11:00 jusqu’à 16:30.

Ce bâtiment préfabriqué situé sous le bâtiment A à côté du restaurant universitaire était inutilisé mais chauffé et pourvu en électricité, en eau courante et en sanitaires.

Une délégation composée d’étudiant·e·s, exilé·e·s, de représentants de la présidence et de représentants syndicaux du personnel a été reçue à 14:00 environ par la présidence de l’université pour décider de la suite des évènements. Cependant, parallèlement à cette discussion un contrôle des cartes à l’entrée a été décidé, puis le campus a été fermé administrativement, aucun·e étudiant·e·s et personnels ne pouvaient plus entrer, ni sortir de l’université jusqu’à 16:30.

À partir de 16:30 les sorties étaient à nouveau possibles, cependant toujours impossible de rentrer!
Les entrées ont été à nouveau autorisées à partir de 18:00 environ seulement! De plus, aucune information n’a été transmise aux étudiant·e·s comme aux personnels sur cette fermeture administrative.

Quand l’administration ferme ta fac pour quelques exilé·e·s…

Nous trouvons cela fortement irresponsable de la part de l’administration de perturber volontairement la tenue des cours et des partiels. D’autant plus qu’il n’y avait pas lieu de le faire, il ne s’agissait que de quelques exilé·e·s pacifistes et leurs soutiens qui cherchaient à se soustraire au froid sévissant  sur la capitale.

Au retour de la délégation, il était proposé aux exilé·e·s de quitter le campus de force avec l’action des forces de l’ordre (15 camions au plus fort et patrouilles d’intimidation devant les entrées), d’aller au camp de la Chapelle ou d’être livré à eux même hors du campus, trois propositions faites par la présidence.

Au terme d’une réunion pour décider de la suite des événements, les exilé·e·s ont choisi de sortir par eux même accompagnées de leurs soutiens avec la « promesse » de la présidence et des forces de l’ordre de ne pas ingérer et ni de procéder à des contrôles d’identité

Nous Solidaires Étudiant·e·s Jussieu, notons l’absence de solidarité de la part de la présidence et sa surréaction face à des personnes démunies.

Déroulement heure par heure rédigé avec des témoignages de soutiens:

  • 10:30 : Entrée des exilé·e·s et des soutiens sur le Campus Pierre et Marie Curie. Certains médias sont présents notamment LesInRockuptibles et Libération.
  • 11:00 : Entrée dans le bâtiment et envoi des courriels à l’administration pour amorcer un dialogue.
  • 11:10 : Vigiles devant le bâtiment alors que les barricades se mettent en place. Des sandwichs sont apportés et ne peuvent rentrer que si au moins un vigile peut rentrer pour compter les personnes a l’intérieur. Le responsable de la sûreté est autorisé à rentrer pour vérifier l’état du bâtiment. Certains vigiles essaient de prendre des photos de l’intérieur de l’occupation et des soutiens avec leur téléphone personnel.
  • 11:30 : Les vigiles essaient d’entrer de force par des entrées barricadées.
  • 11:45 : Les sandwichs peuvent être distribués dans le bâtiment et les vigiles se positionnent passivement devant le bâtiment.
  • 12:00 à 13:00 : Des soutiens partent tracter devant le restaurant universitaire du CROUS et devant le campus place Jussieu.
  • 13:00 : Des policier·e·s discutent avec les vigiles, déjà au moins 5 ou 6 camions de Compagnies républicaines de sécurité (CRS) sont positionnés devant la fac.
  • 13h30 : Ces camions de CRS partent et reviennent autour du campus.
  • 13:50 : Des agents de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) et des Renseignements Généraux (RG) voir SCRT rentrent sur le campus en uniforme civil.
  • 14:00 : Une assemblée générale à lieu dans le bâtiment et décide d’envoyer une délégation pour négocier avec l’administration. L’entrée se fait au compte-goutte et quelques contrôles de cartes étudiantes au faciès réalisé par la sûreté.
  • 14:15 environ : Les entrées du campus sont fermées, personne ne peut rentrer, puis les sorties sont aussi interdites.
  • 14:30 : Certain·e·s étudiant·e·s marchent sur des poutres au-dessus des «douves» pour pouvoir sortir de la fac. Les étudiant·e·s ne savent pas pourquoi la fac est fermée, les soutiens des exilés essaient d’expliquer la situation. La délégation part pour négocier, composée de responsables syndicaux, étudiant·e·s et exilés
  • 15:43 : On peut observer qu’une chaîne déposée par la sûreté entrave la grille principale de Jussieu et un petit panneau indique que le campus est fermé.
  • 15:50 : Fin de la négociation, les membres de cette dernière retournent au bâtiment.
  • 16:00 : Les sorties sont autorisées à nouveau. Une assemblée générale est faite dans le bâtiment. Environ 15 camions de CRS au plus fort, patrouilles sur la place Jussieu et brigades déployées à chaque entrée.
  • 17:00 : La décision est prise par les exilé·e·s est prise de quitter le bâtiment leurs soutiens les accompagnent vers Paris 8. Le directeur de la logistique de l’université vient au bâtiment occupé pour indiquer que la décision doit être prise et appliquée dans l’heure qui suit.
  • 17:15 : départ pour la ligne 7 du groupe exilé·e·s et soutiens station de métro Sully-Morland, accompagné d’un commandant de police,  afin garantir la « promesse » de non contrôle jusqu’au au métro.
  • 17:43 : Problèmes sur la ligne 13 « De Carrefour Pleyel à Université. Grille des stations fermées, «défaut d’alimentation électrique» selon la RATP. Le groupe se déplace jusque à Paris 8 sur trois stations à pied où en bus.
  • Environ 18:00: Entrées à nouveau autorisées à Jussieu, cependant contrôles des cartes d’étudiant·e·s «s’apparentant» à un soutien ou exilé·e·s…
  • Environ 19:50 : Arrivée des derniers exilé·e·s et des soutiens qui les ont accompagnés à Paris 8 au bâtiment A. Malheureusement plusieurs d’entre eux ont préféré retourner à la rue dans le froid pour diverses raisons.

En annexes:

Publications de la CGT Sorbonne Université:

Revue de presse: (sera étoffé dans un futur proche)

Édition: Corrections de typo et reformulations; ajouts de liens; ajout des communiquées de la CGT Sorbonne université; ajout du suivi heure par heure.