Gilets jaunes eh eh

Gilets jaunes eh eh

(Initialement publié en janvier 2019 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°4)

Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) : cette mesure qui s’est imposée comme l’une des principales revendications des gilets jaunes fait très peur à certain-es.
Derrière ces condamnations se cache souvent un mépris de classe, l’idée que les gens d’en bas ne peuvent pas gérer leurs vies eux-même, sans ceux d’en haut.
Cependant il ne faudrait pas confondre la peur que le RIC inspire chez nos adversaires et l’intérêt qu’on doit avoir pour elle. En effet, l’idéal de démocratie directe (autogestion et auto-détermination) n’est pas garantie par cette mesure.
D’un côté, l’idée de voter tout et n’importe quoi nous distrait du fait qu’on peut souvent construire nous-mêmes ce que l’on veut pour nos vies et que la politique se fait tous les jours, au quotidien.
D’un autre côté, dans une société fracturée en groupes sociaux antagonistes, une décision à la majorité cache souvent l’oppression de groupes majoritaires sur des groupes minoritaires.
Par exemple les gays et lesbiennes devraient pouvoir décider elleux-mêmes de comment vivre leurs vies sans que tout passe par le bon vouloir de la majorité hétérosexuelle.
Enfin, dans l’état actuel des choses, l’opinion publique est très largement orientée par les plus puissants qui, à travers les médias nous transmettent leurs idées, leurs mots et leur grille de lecture pour comprendre la société.

Justement, barricades enflammées, confrontation avec la police… Par son aspect hautement télégénique, la supposée violence des gilets jaunes a beaucoup occupé l’espace médiatique.
Plusieurs constats peuvent être faits sur ce traitement. D’abord, la violence de la police n’est jamais interrogée, ni mise en avant. Pourtant les blessé-es à cause des forces dites de l’ordre sont nombreux-ses : yeux crevés, comas, blessures diverses…
L’usage massif de gaz lacrymogène peut aussi être extrêmement dangereux pour certaines personnes.
En parallèle la violence des manifestant-es est toujours exagérée comme si quelques vitrines brisées, banques et boutiques bourgeoises pillées et poubelles enflammées étaient particulièrement choquantes.
Mais on peut également se demander si la violence n’est pas une caractéristique manifeste d’un mouvement qui se donne les moyens d’inquiéter le gouvernement et donc peut-être d’obtenir satisfaction.

Les mobilisations des gilets jaunes ont été aussi marquées par des actes racistes, sexistes et homophobes. La présence de groupes fascistes et le penchant complotiste de certains gilets jaunes, notamment des très médiatiques Eric Drouet et Maxime Nicolle « Fly Rider », est une réalité du mouvement.
Mais la forte présence de revendications sociales demandant plus de répartition des richesses pour de meilleurs conditions de vie est aussi une réalité du mouvement (des mesures contre lesquelles les fascistes se sont toujours opposés, comme le montre Marine Le Pen en s’opposant à la hausse du SMIC).
Et c’est justement en s’impliquant davantage dans le mouvement qu’on pourra combattre la frange fasciste et complotiste et appuyer les revendications demandant plus de justice sociale.
Des groupes antifascistes se sont déjà organisés pendant les précédents « actes » pour chasser les groupes fascistes des manifestations des gilets jaunes.

Rejoignons-les !

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