Catégorie : féminisme

Les femmes, victimes du sexisme et des IST

Les femmes, victimes du sexisme et des IST

(Initialement publié en novembre 2018 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°3)

IST : Infection Sexuellement Transmissible. Se transmettent lors des rapports sexuels (pénétration génitale ou anale, avec ou sans éjaculation, fellation, cunnilingus, anulingus) pas ou mal protégés.

Pourquoi les femmes* sont-elles particulièrement touchées ?

Le vagin, une muqueuse interne de grande surface, est particulièrement exposé aux infections. Cette muqueuse est encore plus fragile au moment des règles. La muqueuse anale, chez tout le monde, est également fragile et étendue.

Les femmes dans le monde ont moins accès à l’information et à la prévention. La pauvreté, le sexisme, les violences sexuelles, la dépendance économique, les mariages précoces/forcés, les viols favorisent l’infection chez les femmes.

De plus on nous apprend la honte et la culpabilité : si on a une IST, c’est qu’on serait irresponsable, sale, imprudente…

Qui est responsable ?

Les hommes, même informés des risques, négligent le port du préservatif.

C’est une attitude irresponsable, égoïste et dangereuse. Par les rapports de domination qui existent dans notre société patriarcale et qui se retrouvent au sein d’un rapport hétérosexuel, ce sont les hommes qui ont la main, qu’il s’agisse du préservatif ou d’autre chose. Toute tentative de mensonge (« non mais je suis clean tqt »), insistance (« allez tqt y a pas de risque »), culpabilisation (« tu veux pas coucher avec moi c’est ça ? »), négociation (« allez juste une fellation ») de sa part vous prouve que c’est un nul qui se fiche de votre santé et que vous aurez raison de refuser de coucher avec lui.

Le seul cas où on peut coucher tranquille sans préservatif c’est si 1) toustes les partenaires ont été dépisté-es et traité-es, 2) que depuis le traitement il n’y a pas eu une nouvelle prise de risque, et 3) que toustes les partenaires sont consentant-es. Ne pas oublier alors la contraception en cas de contact entre parties génitales h/f.

La Chlamydia, une IST invisible courante

Chlamydiae trachomatis est une bactérie sexuellement transmissible qui touche particulièrement les femmes de 18 à 24 ans.

Elle se transmet très facilement, un simple contact entre les parties génitales suffit. Elle est simple à traiter mais comme la plupart du temps on ne présente pas de symptômes, on ne consulte pas. On risque alors de transmettre la bactérie à ses partenaires sexuels, et en parallèle la bactérie se propage dans l’utérus.

Si la Chlamydia n’est pas vite traitée, elle se propage jusqu’à l’utérus et cela peut avoir comme conséquence des infections des trompes (salpingite) ou de l’endomètre (endométrite). Cela augmente les risques en cas de grossesse et peut causer la stérilité.

Le dépistage se fait par prélèvement vaginal (on introduit un coton-tige dans le vagin) en centre de dépistage (CeGIDD) ou centre de planification (CPEF), ou au labo avec l’ordonnance d’un-e médecin.

Une fois dépistée, le traitement est simple et efficace, parfois un seul comprimé suffit. Les partenaires doivent également se faire dépister et traiter.

Les quelques symptômes que les femmes peuvent présenter sont : douleurs lors des rapports sexuels avec pénétration vaginale, douleurs dans le bas du ventre, pertes vaginales inhabituelles, sensation de brûlure au moment d’uriner.

Et chez les hommes : sensation de brûlure au moment d’uriner, écoulements inhabituels, douleur dans le scrotum, rougeur, gonflement, sensation de brûlure et démangeaisons autour de l’ouverture du pénis.

Plus d’infos : https://santecheznous.com/condition/getcondition/chlamydia

*concerne, en fait, toute personne munie d’un vagin : des femmes cisgenres mais aussi des hommes trans, des personnes intersexes et des personnes non-binaires.

Les douleurs de règles ne sont pas normales

Les douleurs de règles ne sont pas normales

L’endométriose est une maladie chronique grave, invalidante, qui touche 10% à 20% des femmes* partout dans le monde, c’est ENORME.
Quelques symptômes : règles douloureuses, douleurs dans le bas-ventre (notamment lors de pénétration vaginale), problèmes urinaires, problèmes intestinaux, fatigue chronique.

Pourquoi ?
Du tissu semblable à l’endomètre (tissu tapissant l’intérieur de l’utérus, que l’on perd pendant les règles) se développe à des endroits où il ne devrait pas : ovaires, vagin, rectum, vessie, intestin, thorax… Peu importe où il se trouve, ce tissu continue de réagir aux hormones : il saigne pendant les règles, créant des hémorragies internes, une réaction inflammatoire chronique, à l’origine de douleurs très intenses.

Le délai du diagnostic est d’environ SEPT ANS après l’apparition des premiers symptômes ! C’est en grande partie dû au peu d’importance qu’on accorde à la douleur des femmes. Pendant que cette douleur est ignorée, la maladie progresse et cause des dégâts irréversibles : l’endométriose est la première cause d’infertilité des femmes en France. Le diagnostic est posé à la suite d’examens : échographie pelvienne endovaginale (introduction d’un appareil enduit de gel dans le vagin), Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM), colo-scanner.

Il n’existe pas de traitement spécifique. L’endométriose implique une prise en charge médicale à vie : anti-douleurs, anti-inflammatoires, contraceptifs, voire chirurgie.

Pourquoi si peu de remèdes ?

Pourquoi une maladie si grave et fréquente demeure si mystérieuse ?
Les origines de cette maladie, pourtant très invalidante et fréquente, sont méconnues.
Parce qu’on ne fait pas assez de recherche dessus. Parce que c’est une maladie qui ne concerne pas les hommes. Conséquences au quotidien pour les femmes atteintes : difficulté à effectuer les actions de la vie quotidienne, à entretenir une vie sociale et familiale ; scolarité, études et vie professionnelle perturbées, discriminations au travail, isolement, dépression.

Si vous pensez que vous êtes concernée, il est important de consulter un·e gynécologue ou un·e généraliste. [CW : mention de violences gynécologiques] On risque de vous rembarrer, de vous dire que vous êtes une chochotte, de prendre un ibuprofène et ça ira, on vous parlera mal et on ne vous prendra peut-être pas au sérieux…
Mais vous aurez raison de forcer si vous le pouvez, vous n’êtes pas responsable, vous souffrez, et il faut qu’on vous fournisse une prise en charge adaptée pour mieux supporter les douleurs ! Ici une liste de gynécologues :
A propos

Si vous avez besoin de soutien vous pouvez vous adresser notamment au Collectif féministe de Paris 6 (par mail collectif-feministe@protonmail.com).

Trouvez plus d’infos : endomind.org, info-endometriose.fr

*peut concerner, en fait, toute personne munie d’un vagin : des femmes cisgenres mais aussi des hommes trans, des personnes intersexes et des personnes non-binaires.

Semaine du féminisme à Sorbonne université

Semaine du féminisme à Sorbonne université

Du lundi 5 au 16 mars, à l’occasion de la « Journée de lutte pour les droits des femmes » qui a lieu chaque année le 8 mars, plusieurs associations de l’université s’unissent pour faire vivre la semaine du féminisme à Sorbonne Université pour que la lutte dure plus qu’une journée!

Le programme campus par campus ci dessous!

Rassemblement et manifestation du 8 mars

À partir de 15:40 rendez-vous place de la République, puis départ 17:30 vers Opéra.
Liens demosphere de la manifestation et du rassemblement: https://paris.demosphere.eu/rv/59696

Faculté des sciences et ingénierie

Campus Pierre et Marie Curie (Jussieu)

Note: dire que c’était la seule université française avant la fusion avec un nom de femme dedans… 🙁

Pour les événements au campus Pierre et Marie Curie il faut remercier: La Baffe, Solidaires Etudiant-e-s Jussieu, CurieOsity, et le Collectif Féministe de Paris 6 (récemment créé).

La conférence: «La Place Des Femmes Dans Les Métiers Et Études Scientifiques»

Où : amphi Durand sur le campus Pierre et Marie Curie (Jussieu)
Quand : début 18h mercredi 7 mars 2018
Inscriptions: https://www.facebook.com/events/1920018464683907

L’objet de la conférence est d’échanger autour de vécus communs à travers des témoignages de parcours, engager une réflexion collective sur les inégalités dans les sciences, leurs origines et comment les remédier, et montrer des modèles féminins de réussite dans les domaines scientifiques.

Nous allons compter avec les interventions de :

  • Arnaud Pierrel : sociologue, co-auteur de l’étude «Filles + Sciences = une equation insoluble ?» sur les filles dans les prépas scientifiques
  • Michela Petrini, physicienne, enseignante à la faculté des sciences et ingénierie de Sorbonne Université (ex UPMC), qui a participé au pilotage et à la création d’un réseau de physiciennes en théorie des cordes
  • Clémence Epitalon, coordinatrice en France du programme européen GENERA (Gender Equality Network in European Research Area)
  • France Rose, doctorante en biologie
  • Anouck Barberousse, philosophe des sciences et l’Association Femmes et Sciences

 

L’exposition «40 Femmes Scientifiques Remarquables»

Où : Rez-de-chaussé de l’Atrium campus Pierre et Marie Curie
Quand : Du 6 au 16 mars 2018

Une exposition de 40 portraits de femmes scientifique à l’atrium car les femmes sont les grandes oubliées des sciences. Portait de l’association «Femmes et Sciences».
Fascicule de l’exposition disponible ici.

À la faculté de Lettres

Campus Sorbonne

Women of the world unite !

Où : Amphithéâtre Descartes – 1 rue Victor Cousin, campus Sorbonne
Quand : Mardi 6 mars de 19:00 à 21:30
Inscriptions obligatoire: https://www.eventbrite.fr/o/collectif-baffe-15738070690

n Si vous n’êtes pas membre de Sorbonne Université (ex Paris IV, Paris 6) ou de Paris 1, il vous sera demandé une pièce d’identité à l’entrée.

A l’occasion de cette semaine autour de l’égalité de genre différentes associations et organisations de Sorbonne Université, vous proposent une conférence sur les luttes et les victoires féministes à l’international.

Nous accueillerons à cette occasion :

  • Le Mouvement de la Paix qui interviendra sur la question de l’utilisation des violences faites aux femmes comme arme de guerre et les femmes premières victimes de conflits dans le monde.
  • Jules Falquet qui viendra nous parler des luttes contre les violences féminicides et les violences faites aux femmes en Amérique latine à partir de la présentation de son dernier ouvrage Pax Néoliberalia.
  • Fatiha Aggoune qui interviendra sur les luttes féministes en France ainsi que les batailles qu’il reste à mener, tout en évoquant les derniers événements qui ont participé à visibiliser les violences subies par les femmes au quotidien.
  • L’Union des Étudiants Kurdes de France qui interviendra sur la situation et les luttes des femmes au Kurdistan.

Étudiant·e·s de Sorbonne Université et d’ailleurs, enseignant·e·s, personnel administratif… vous êtes tou·te·s invité·e·s à nous rejoindre !

Événement co-organisé par AGEPS Paris IV, La BAFFE, Collectif Doctoral de Paris-Sorbonne, Solidaires étudiant·e·s Sorbonnes Université Lettres, Sud Éducation de Sorbonne Université, UEC Paris 4.

Epinglé-e-s 2018

Où : Amphi Chasles en Sorbonne.
Quand : de 9:30 à 17:00 le 10 mars 2018
Inscriptions : https://framaforms.org/inscription-epingle-e-s-2018-1516816251

Journée jeunes chercheur.e.s sur le thème du sexisme dans la recherche, dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
Organisé par le Collectif doctoral de Paris Sorbonne en collaboration avec la BAFFE.

Pour plus d’information c’est sur le site du collectif doctoral.

Campus Clignancourt

Fais pas genre ! – tables rondes

Où : Centre Clignancourt – Salle à confirmé
Quand : le 7 mars 2018 de 14:00 à 18:00
Inscription obligatoire: https://goo.gl/forms/TxX7ifRVVDrdgb4N2

Le nombre de places limité! L’événement est réservé aux étudiant·e·s et personnel de Sorbonne Université.

L’évènement consistera en un après-midi de réflexion décliné en trois tables rondes :

  • Santé sexuelle et sexualité féministe, modérée par deux membres de l’association Gynandco
  • Regards quotidiens sur les discriminations liées au genre, modérée par une militante du syndicat Solidaires Étudiant·e·s et par un militant trans de l’université Rennes 2
  • Réécritures féministes, modération à confirmer

Événement co-organisé par AGEPS Paris IV, La BAFFE,  Solidaires étudiant·e·s Sorbonnes Université Lettres, UEC Paris 4.

Exposition «Femmes ambassadrices de paix»

Du 5 au 9 mars dans le hall du campus Clignancourt, puis 12 au 16 au campus Malesherbes.
Portraits prêté par le «Mouvement pour la Paix».

Pour témoigner de violences sexistes et/ou sexuelles à Sorbonne Université, c’est ici (et anonyme) : https://goo.gl/forms/ucTKsssskHZ2py0s2