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Cent ans de solidarité

Cent ans de solidarité

[Attention, cet article parle de suicide et d’esclavage]

(Initialement publié en avril 2019 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°5)

Dans la série « American Gods » (2017), un épisode débute en nous montrant une révolte d’esclaves noir·es dans un bateau les transportant vers le continent américain. Face au destin que leur réserve l’esclavagiste blanc, la seule solution qui leur est présentée est le \textbf{suicide collectif}. En effet, après avoir tué l’équipage, iels brûlent le bateau et meurent donc dans un incendie au beau milieu de l’océan.

La personne ayant écrit ce passage, vraisemblablement blanche, clairement opposée à l’esclavage et du moins sur le principe à la suprématie blanche, a vu cet acte sacrificiel comme le comble de la subversion. En effet, quel meilleur moyen de ne pas rentrer dans les rapports d’esclavage de la traite négrière que de s’ôter soi-même la vie : \textbf{si on est mort on ne peut pas être esclave}.

Implicitement, ce que nous dit ce début d’épisode, c’est que la vie d’esclave ne méritait pas d’être vécue et qu’elle ne laissait aucun espoir d’amélioration des conditions d’existence. L’individu·e (noir·e) est totalement réduit·e à sa position dans les catégorisations suprémacistes blanches (position d’esclave donc) et c’est sur cette base \textbf{raciste} que les scénaristes vont construire leur acte de subversion de l’ordre esclavagiste.

Or ces prémisses sont fausses et l’histoire nous offre une myriade d’événements qui le prouvent.

Connues sous le nom de quilombo dans l’Amérique lusophone (qui parle portugais) et palenque dans l’Amérique hispanophone (qui parle espagnol), les communautés organisées d’anciens esclaves ayant fui les mines et les plantations existent en nombre incalculable. On en trouve au Brésil, en Colombie, en Jamaïque, au Mexique, à Panama, etc.

Ce phénomène a même donné naissance à la plus grande et durable des révoltes d’esclaves de l’histoire : à Palmares au Brésil, sur un territoire d’une superficie comparable à celle du Portugal et durant près d’un siècle (1605-1694), une communauté comprenant des cimarron·es (nom donné à ces ex-esclaves et leurs descendant·es), des indigènes amérindien·ne·s, et mêmes quelques blanc·he·s. Tou·te·s ont vécu en liberté, hors de la domination portugaise.

Dans ces royaumes ou républiques, près de 200 ans avant les révolutions états-uniennes et françaises, on élisait les chefs. 250 ans avant que les gentils blancs français puis états-uniens daignent abolir l’esclavage, on se l’abolissait pour soi-même.

Durant toute son existence, Palmares a permis à tout un tas de personnes, que les Hollandais ou les Portugais emmenaient dans ces fameux bateaux pour en faire des esclaves, de s’enfuir une fois sur le continent et de vivre en liberté : plusieurs générations de noir·es ont vécu toute leur vie, de la naissance à la mort, sans jamais être asservi·es.

Palmares fut vaincu, mais d’autres quilombos/palenques ont survécu à travers le temps comme San Basilio de Palenque, en Colombie. Après des années de guerres contre les Espagnol·es, les révolté·es ont obtenu de la couronne ibérique la liberté et des terres, en 1713 (soit 100 ans avant l’indépendance du reste de la Colombie) devenant ainsi ce qui serait surnommé le premier peuple libre d’Amérique.

De manière générale, il faut toujours garder à l’esprit qu’un·e dominant·e progressiste reste un·e dominant·e, et iel aura beaucoup de mal à se sortir des mythes propres à son groupe social. Cependant, en se prétendant opposé·e aux systèmes d’oppressions qui structurent nos sociétés, c’est bien ce qu’iel prétend faire. Sachant qu’en plus, en tant que dominant·e, sa voix portera bien plus loin que celle des dominé·es, cette perpétuation du point de vue de l’oppresseur par la bouche de progressistes, par la bouche de celleux qui prétendent être/présenter l’alternative au monde tel qu’il est, vient achever de fermer le domaine du pensable et donc du réalisable pour les opprimé·es.

C’est bien beau de déplorer que l’histoire soit écrite par les dominant·es, mais il s’agirait de mettre cette considération en pratique et d’être un peu attentif·ve à celle que l’on produit nous-même, histoire de ne pas se réduire à l’une des deux faces de l’oppression.

Notre pain quotidien

Notre pain quotidien

(Initialement publié en avril 2019 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°5)

Souvent quand on parle d’améliorer la société, quelques arguments reviennent de manière récurrente. Petit florilège, avec leurs contre-arguments :

« Vous les égalitaristes, vous avez une vision idéologique du monde, moi je pense par moi-même, avec bon sens. »

Derrière cette accusation d’idéologie, on nous accuse de ne pas avoir une pensée qui nous est propre et de suivre un dogme. Sauf qu’une pensée propre, ça n’existe pas, ce « bon sens » n’est le résultat que d’un refus de chercher les sources de ses propres idées. Personne ne naît avec la science infuse, toutes nos idées sont le résultat de notre sociabilisation et de l’environnement dans lequel on évolue. Les sciences (neurosciences, sciences cognitives, linguistiques) ont montré à plusieurs reprises que même le langage influe sur nos idées, notre façon d’appréhender la société.

« Vous les militant·es, vous êtes sectaires, vous n’êtes pas ouvert·es à la contradiction, vous ne pourrez jamais progresser dans votre pensée. »

Une autre accusation sera celle de l’entre-soi, d’être fermé·e au débat. Cependant :

  • Ces idées ne nous servent pas qu’à faire des débats divertissants. Quand on parle de politique, on veut agir, avoir un impact sur la société. Et pour ce faire, il faut bien se regrouper entre personnes qui ont une volonté similaire. Cela permet également d’esquisser entre nous ce que pourrait être la société que nous voulons.
  • Il ne faut pas croire que nous sommes d’accord sur tout. Les désaccords arrivent très vite, même entre les personnes les plus proches politiquement. Seulement, les différences arrivent plus tard et permettent donc de plus approfondir les sujets en questions. De plus on ne peut pas vraiment s’extraire du monde, les confrontations sont omniprésentes au quotidien (au boulot, dans les études, dans la famille, etc).
  • Enfin si on se regroupe entre nous, c’est aussi simplement pour survivre dans cette société qui nous agresse perpétuellement lorsqu’on appartient à un groupe opprimé et/ou marginalisé. Il nous est donc bien utile et vital d’avoir du soutien, de créer des réseaux de solidarité.

« Ah mais toi, avec ta volonté d’accueillir les migrant·es tu es dans le moralisme. Il faut être pragmatique on peut pas accueillir tout le monde. »

Nous serions moralistes ou moralisateur·ices… Effectivement, nous émettons des jugements de valeur : certaines choses nous paraissent mieux que d’autres.

Par exemple nous considérons que les personnes qui arrivent dans un nouveau territoire ne devraient pas avoir à se préoccuper d’avoir des papiers en règle pour pouvoir vivre décemment.

Mais nous ne somme pas les seul·es : derrière ce « pragmatisme » qui s’oppose à nous, comme derrière toutes les postures de ce genre, il y a bien une morale. Par exemple une personne « pragmatique » pense que ce serait une catastrophe d' »accueillir tout le monde », en particulier ça augmenterait le chômage, et donc qu’il vaut mieux avoir un chômage bas et des gens qui se noient dans la Méditerranée qu’un chômage plus haut (une prédiction pour le moins hasardeuse) et pas de mort.

Cette préférence cache d’autres jugements de valeur : soit une obsession pour l’économie qui lui fait privilégier une abstraction comme la courbe du chômage devant la vie d’individus, soit un nationalisme qui donne la priorité aux Français·es, soit un racisme qui a peur de cette arrivée de populations majoritairement noires.

La principale différence entre notre morale et la leur, c’est que la nôtre présuppose l’égalité totale de tou·te·s les individu·es et la priorité de l’humain·e sur l’économie.

« Mais de toutes façons, qu’est-ce qu’on y peut, tous vos trucs là, c’est de l’utopie »

Sans doute en partie. Le monde que nous voulons contribuer à construire n’existe pas encore, et il est difficile (voire absurde) de se lancer dans une lutte pour la transformation de la société sans une petite idée de celle qu’on voudrait voir à la place.

Mais que dire de cette autre utopie, celle qui est dans la tête de nos détracteurs. Cette utopie est celle qui apparaît dès que ces gens décrivent la société dans laquelle on vit : une société où le racisme a disparu, où le genre et la sexualité ne sont plus des causes de discriminations et de violences, une société où les classes sociales ont été abolies il y a 200 ans et remplacées par une méritocratie.

Notre utopie est un horizon, comme une étoile dans le ciel qui nous permet de nous guider à travers le monde réel sans jamais se substituer à lui. La leur est un brouillard qui vient masquer le monde réel et qui nous mène tout droit au naufrage.

Terrorisme, mais qui fait peur à qui ?

Terrorisme, mais qui fait peur à qui ?

[Attention, cet article parle de massacres, de répression, de violences sexuelles et de viol]

(Initialement publié en janvier 2019 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°4)

On le sait bien, car ça fait un moment que ça dure : les critères pour définir ce qui sera qualifié de terrorisme ou pas ne sont pas ceux des (nombreuses) définitions de ce mot.

Un membre de Daesh qui commet un massacre en est un, mais un suprémaciste blanc qui commet le même genre de massacre n’en est pas un, c’est un « déséquilibré ». Le terme, ou parfois juste son champ lexical, va être employé pour qualifier des membres de la gauche (anarchistes, zadistes, cgtistes, etc.), mais on rechignera à l’utiliser pour un groupe d’extrême-droite planifiant l’assassinat du Président de la République.

De même, alors que le concept de terreur politique avait été forgé pour désigner les actes de l’État lors de la Révolution française, le terrorisme d’État est désormais souvent exclu par les définitions mêmes du terrorisme. Toutes les méthodes de répression que l’État, par l’intermédiaire de la police, emploie dans les manifestations, les quartiers populaires de banlieue parisienne, dans le but conscient de faire peur à celleux qui osent tenter de se mobiliser contre lui passent à la trappe.

Un autre domaine où le terrorisme réel n’est jamais qualifié, ni même envisagé comme tel, est le terrorisme que la classe des hommes inflige à la classe des femmes. Ici encore, on n’hésitera pas à parler de terrorisme intellectuel pour qualifier le féminisme, alors que c’est clairement sur les féministes que ce terrorisme s’applique, comme on le voit en ce moment en Corée du Sud, où de nombreuses travailleuses de l’industrie du jeu vidéo ont dû s’excuser, voire ont été renvoyées pour avoir partagé, ou tenu des propos associés à un site web féministe radical.

À l’heure où des suprémacistes masculins s’identifiant comme « incels » (pour involuntary celibate, célibat involontaire en français) ont commis plusieurs tueries de masse en Amérique du Nord, il faut se voiler la face pour ne pas voir le caractère terroriste de l’oppression patriarcale.

Mais ce terrorisme est bien plus large, comme le montre la féministe Crêpe Georgette :
« on refuse à employer le bon mot pour qualifier les violences sexuelles à l’égard des femmes : du terrorisme. Nous apprenons très tôt aux femmes à vivre dans la peur, nous ne les armons pas pour lutter contre les agresseurs, nous instillons un climat oppressant, violent, lourd afin que les femmes se contiennent, se surveillent, contrôlent leurs mouvements, leurs gestes et leurs vêtements. Et les femmes qui ne respectent pas ces règles implicites, changeantes, mouvantes sont agressées, violées, tuées. Et c’est bien l’exacte définition du terrorisme ».

Une explication de ce refus peut être trouvée chez la sociologue féministe Guillaumin (ici résumée par Thiers-Vidal) :
« En effet, lorsque des femmes sont assassinées en tant que femmes (meurtres individuels, collectifs), ces actes ne sont jamais analysés comme engageant le corps social dans son fonctionnement et le concernant tout entier comme lors d’attentats terroristes « classiques ». En effet, ces actes révèlent la règle que les hommes ont des droits de propriété sur les femmes, et que « s’ils abusent de ces droits ils sont fous, anormaux psychologiquement mais ne vont pas à l’encontre d’une loi fondamentale. Ils mésusent d’un droit, mais n’y contreviennent pas » ».

Qualifier correctement ces « abus », ce serait mettre en lumière l’oppression, ce serait rappeler la loi générale qui régit notre société et dont le caractère terroriste devient difficile à ignorer dans ces moments-là. Ce terrorisme-là, comme celui des blancs, et comme celui de la droite en général, est celui des dominants, de ceux qui s’arrogent le droit d’exercer la violence comme bon leur semble, les mêmes qui contrôlent quelles violences auront le droit d’être reconnues comme telles. Chez les autres, le moindre haussement de ton sera d’une violence insupportable tandis que chez eux, seuls les « abus » seront jugés négativement (mais individualisés, déconnectés de la structure de pouvoir qui les engendre).

Finalement, ce qui est qualifié de terrorisme, c’est quand la peur finit par atteindre les oppresseurs, et rien ne leur fait plus peur que la perspective de la fin de l’oppression… Bah, il serait temps qu’ils aient peur, non ?

Sources :

  • https://blogepervier.wordpress.com/2018/05/17/ils-ne-sont-jamais-terroristes (sur les doubles standards du terrorisme)
  • https://www.kotaku.com.au/2018/04/in-south-korea-gamers-stage-an-inquisition-against-feminists (sur la persécution des féministes dans le milieu du jeu vidéo en Corée du Sud)
  • http://www.crepegeorgette.com/2017/10/19/colere (extrait de Crêpe Georgette)
  • De « L’Ennemi Principal » aux principaux ennemis p. 44 (résumé de Guillaumin)

Gilets jaunes eh eh

Gilets jaunes eh eh

(Initialement publié en janvier 2019 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°4)

Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) : cette mesure qui s’est imposée comme l’une des principales revendications des gilets jaunes fait très peur à certain-es.
Derrière ces condamnations se cache souvent un mépris de classe, l’idée que les gens d’en bas ne peuvent pas gérer leurs vies eux-même, sans ceux d’en haut.
Cependant il ne faudrait pas confondre la peur que le RIC inspire chez nos adversaires et l’intérêt qu’on doit avoir pour elle. En effet, l’idéal de démocratie directe (autogestion et auto-détermination) n’est pas garantie par cette mesure.
D’un côté, l’idée de voter tout et n’importe quoi nous distrait du fait qu’on peut souvent construire nous-mêmes ce que l’on veut pour nos vies et que la politique se fait tous les jours, au quotidien.
D’un autre côté, dans une société fracturée en groupes sociaux antagonistes, une décision à la majorité cache souvent l’oppression de groupes majoritaires sur des groupes minoritaires.
Par exemple les gays et lesbiennes devraient pouvoir décider elleux-mêmes de comment vivre leurs vies sans que tout passe par le bon vouloir de la majorité hétérosexuelle.
Enfin, dans l’état actuel des choses, l’opinion publique est très largement orientée par les plus puissants qui, à travers les médias nous transmettent leurs idées, leurs mots et leur grille de lecture pour comprendre la société.

Justement, barricades enflammées, confrontation avec la police… Par son aspect hautement télégénique, la supposée violence des gilets jaunes a beaucoup occupé l’espace médiatique.
Plusieurs constats peuvent être faits sur ce traitement. D’abord, la violence de la police n’est jamais interrogée, ni mise en avant. Pourtant les blessé-es à cause des forces dites de l’ordre sont nombreux-ses : yeux crevés, comas, blessures diverses…
L’usage massif de gaz lacrymogène peut aussi être extrêmement dangereux pour certaines personnes.
En parallèle la violence des manifestant-es est toujours exagérée comme si quelques vitrines brisées, banques et boutiques bourgeoises pillées et poubelles enflammées étaient particulièrement choquantes.
Mais on peut également se demander si la violence n’est pas une caractéristique manifeste d’un mouvement qui se donne les moyens d’inquiéter le gouvernement et donc peut-être d’obtenir satisfaction.

Les mobilisations des gilets jaunes ont été aussi marquées par des actes racistes, sexistes et homophobes. La présence de groupes fascistes et le penchant complotiste de certains gilets jaunes, notamment des très médiatiques Eric Drouet et Maxime Nicolle « Fly Rider », est une réalité du mouvement.
Mais la forte présence de revendications sociales demandant plus de répartition des richesses pour de meilleurs conditions de vie est aussi une réalité du mouvement (des mesures contre lesquelles les fascistes se sont toujours opposés, comme le montre Marine Le Pen en s’opposant à la hausse du SMIC).
Et c’est justement en s’impliquant davantage dans le mouvement qu’on pourra combattre la frange fasciste et complotiste et appuyer les revendications demandant plus de justice sociale.
Des groupes antifascistes se sont déjà organisés pendant les précédents « actes » pour chasser les groupes fascistes des manifestations des gilets jaunes.

Rejoignons-les !

Des nouvelles de la liberté de circulation

Des nouvelles de la liberté de circulation

(Initialement publié en novembre 2018 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°3)

Le 10 Septembre la loi Asile et Immigration a été promulguée au journal officiel. Dans la continuité répressive des trente dernières années, cette loi met en place un durcissement des conditions d’accès au statut de réfugié-e politique :

  • le délai à partir duquel une demande d’asile doit être traitée en procédure accélérée est réduit, incitant à un traitement à la chaîne.
  • faire appel d’un refus devra dorénavant se faire en 15 jours et non 30, et cet appel n’empêche plus d’être expulsé-e du territoire. Cette mesure a été à l’origine d’une grève de 28 jours des avocat-es défendant les exilé-es en mars dernier.
  • la rétention administrative, mesure d’enfermement arbitraire appliquée même aux enfants, voit sa durée maximale passer de 90 à 120 jours, et la détention des enfants est maintenue.
  • sur simple suspicion, un-e étrangèr-e pourra être enfermé-e 24h pour vérification d’identité.
  • le droit du sol est supprimé à Mayotte, un thème qui a toujours été cher au Front National (on se rappelle la blague douteuse du président Macron à l’égard des « Kwassa-Kwassa »).
  • les sanctions pénales visant les refus de prise d’empreinte sont également aggravées.
  • le délit de solidarité est bien maintenu
  • lors des jugements, la visioconférence pourra être imposée, contrairement à ce qu’avait affirmé Emmanuel Macron à Edwy Plenel lors de son interview le 15 Avril dernier, et les garanties pour que l’exilé-e soit entendu-e dans une langue qu’iel comprenne sont amoindries.

En parallèle, ni le règlement « Dublin », obligeant les réfugié-es sont obligé-es de faire leur demande d’asile dans le premier pays où leur empreintes sont relevées (ce qui permet de nombreuses déportations), ni le protocole de Sangatte, faisant de la France le garde-frontière des anglais à Calais et contribuant à la désastreuse situation de sa « Jungle » et de ses violences policières quotidiennes, ni le rétablissement des contrôles aux frontières à la frontières franco-italienne, contraire aux accords Schengen et mis en place par François Hollande en Novembre 2015, ne sont remis en question.

Face à ces attaques, la résistance est menée en premier lieu par les principale-ux concerné-es.

Le mouvement des sans-papiers a fêté cette année les 22 ans de l’occupation de l’église Saint-Bernard de la Chapelle par un collectif d’exilé-es, avec une grève de la faim de 51 jours jusqu’à l’expulsion par la police de tou-tes les occupant-es.

En 2008, près de 300 personnes sans-papiers ont occupé leur lieu de travail, rejoints par 6800 travailleur-ses de secteurs divers.

En 2018, la situation s’est durcie, et les tentatives d’aide aux exilé-es sont souvent durement réprimées.

Le mouvement étudiant a lui aussi participé à cette lutte et en région parisienne de nombreuses actions sont fréquement menées. Par exemple à Jussieu à travers le collectif « Sorbonne Sans Frontières« , qui a occupé avec des exilé-es un préfabriqué inutilisé et chauffé de la fac, rapidement abandonné après la réaction de la présidence qui avait demandé une intervention policière.

Le collectif « Ouvrir P6 » milite lui depuis longtemps pour obtenir l’inscription d’exilé-es à la fac, avec comme réussite notable la création d’un Diplôme Universitaire dédié. Mais c’est à Paris 8 que ces actions ont pris le plus d’ampleur : un bâtiment a été occupé pendant 4 mois par des exilé-es. Malgré des promesses de régularisation de la part de la présidence, cette dernière a fait évacuer par la force le bâtiment. L’intervention a été particulièrement violente et raciste, avec des CRS cagoulés séparant les individus suivant leur couleur de peau, gazant à bout portant celleux qui parlaient arabe.

Pour défendre cette politique, une des rhétoriques utilisée est celle d’un tri entre « bon-nes » et « mauvais-es » migrant-es, c’est à dire entre réfugié-e et migrant-e dit-e « économique ».

Contestant la légitimité d’une personne à émigrer, alors même qu’elle est prête à risquer la noyade, les violences policières, la faim, la soif et les actes racistes pour une vie meilleure, cette dichotomie est intéressante à transposer à d’autres classes sociales : une personne perçue comme blanche, aisée ou diplômée pourra discuter tranquillement des opportunités qu’une migration lui offrirait, sans qu’il ne lui soit demandé de prouver qu’elle risque sa vie dans son pays. La couleur de peau et la classe sociale sont les seuls critères discriminants : parler d’une rhétorique raciste n’est pas exagéré.

D’autre part, ce gouvernement, extrêmement dur avec toute tentative de solidarité, l’est tout de suite beaucoup moins quand un groupuscule d’extrême-droite s’organise en milice fasciste pour surveiller la frontière franco-italienne.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que parmi celle-ci se trouvaient en réalité des militant-es venant du Canada, des USA ou bien d’Australie. Aucun-e membre de ce collectif ne s’en est ému : preuve que pour les néofascistes comme pour les néolibéraux, il y a des « bon-nes » et des « mauvai-ses » migrant-es, et que ces catégories sont les mêmes dans les deux cas.

Ce tri est aussi à rapprocher du tri instauré à l’entrée des universités avec la loi ORE : à chaque fois les mêmes classes sociale sont sélectionnées, ou reléguées en marge de la société, suivant des mécanismes de domination de classe, de race, ou de genre bien étudiées par un demi-siècle de recherche en sciences sociales.

Il ne faut pas se laisser enfermer dans une rhétorique opposant deux conceptions de l’Europe, l’une libérale et l’autre néofasciste, car sur les questions migratoires comme sur les questions économiques, c’est bien les mêmes politiques qui sont appliquées, et qu’il faudra combattre aux côtés des concerné-es.

Les femmes, victimes du sexisme et des IST

Les femmes, victimes du sexisme et des IST

(Initialement publié en novembre 2018 dans la gazette Pierre et Marie Canard n°3)

IST : Infection Sexuellement Transmissible. Se transmettent lors des rapports sexuels (pénétration génitale ou anale, avec ou sans éjaculation, fellation, cunnilingus, anulingus) pas ou mal protégés.

Pourquoi les femmes* sont-elles particulièrement touchées ?

Le vagin, une muqueuse interne de grande surface, est particulièrement exposé aux infections. Cette muqueuse est encore plus fragile au moment des règles. La muqueuse anale, chez tout le monde, est également fragile et étendue.

Les femmes dans le monde ont moins accès à l’information et à la prévention. La pauvreté, le sexisme, les violences sexuelles, la dépendance économique, les mariages précoces/forcés, les viols favorisent l’infection chez les femmes.

De plus on nous apprend la honte et la culpabilité : si on a une IST, c’est qu’on serait irresponsable, sale, imprudente…

Qui est responsable ?

Les hommes, même informés des risques, négligent le port du préservatif.

C’est une attitude irresponsable, égoïste et dangereuse. Par les rapports de domination qui existent dans notre société patriarcale et qui se retrouvent au sein d’un rapport hétérosexuel, ce sont les hommes qui ont la main, qu’il s’agisse du préservatif ou d’autre chose. Toute tentative de mensonge (« non mais je suis clean tqt »), insistance (« allez tqt y a pas de risque »), culpabilisation (« tu veux pas coucher avec moi c’est ça ? »), négociation (« allez juste une fellation ») de sa part vous prouve que c’est un nul qui se fiche de votre santé et que vous aurez raison de refuser de coucher avec lui.

Le seul cas où on peut coucher tranquille sans préservatif c’est si 1) toustes les partenaires ont été dépisté-es et traité-es, 2) que depuis le traitement il n’y a pas eu une nouvelle prise de risque, et 3) que toustes les partenaires sont consentant-es. Ne pas oublier alors la contraception en cas de contact entre parties génitales h/f.

La Chlamydia, une IST invisible courante

Chlamydiae trachomatis est une bactérie sexuellement transmissible qui touche particulièrement les femmes de 18 à 24 ans.

Elle se transmet très facilement, un simple contact entre les parties génitales suffit. Elle est simple à traiter mais comme la plupart du temps on ne présente pas de symptômes, on ne consulte pas. On risque alors de transmettre la bactérie à ses partenaires sexuels, et en parallèle la bactérie se propage dans l’utérus.

Si la Chlamydia n’est pas vite traitée, elle se propage jusqu’à l’utérus et cela peut avoir comme conséquence des infections des trompes (salpingite) ou de l’endomètre (endométrite). Cela augmente les risques en cas de grossesse et peut causer la stérilité.

Le dépistage se fait par prélèvement vaginal (on introduit un coton-tige dans le vagin) en centre de dépistage (CeGIDD) ou centre de planification (CPEF), ou au labo avec l’ordonnance d’un-e médecin.

Une fois dépistée, le traitement est simple et efficace, parfois un seul comprimé suffit. Les partenaires doivent également se faire dépister et traiter.

Les quelques symptômes que les femmes peuvent présenter sont : douleurs lors des rapports sexuels avec pénétration vaginale, douleurs dans le bas du ventre, pertes vaginales inhabituelles, sensation de brûlure au moment d’uriner.

Et chez les hommes : sensation de brûlure au moment d’uriner, écoulements inhabituels, douleur dans le scrotum, rougeur, gonflement, sensation de brûlure et démangeaisons autour de l’ouverture du pénis.

Plus d’infos : https://santecheznous.com/condition/getcondition/chlamydia

*concerne, en fait, toute personne munie d’un vagin : des femmes cisgenres mais aussi des hommes trans, des personnes intersexes et des personnes non-binaires.

La police tue, la justice acquitte

La police tue, la justice acquitte

En août 2018, l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) a publié son rapport annuel. Il nous apprend qu’en 2017 la police a ouvert le feu près de 400 fois, soit une augmentation de 54% par rapport aux chiffres de 2016. Cette forte hausse peut être directement reliée à une nouvelle législation datant de février 2017 élargissant les situations de légitime défense où l’agent est autorisé à faire feu, notamment les cas de fuite en véhicule qui sont considérés comme telles. Un triste corollaire étant que le nombre de meurtres par la police est lui aussi en augmentation, avec plusieurs victimes au volant d’une voiture au moment du meurtre (Gaye Camara, Aboubakar Fofana…).

C’est majoritairement dans les quartiers des grandes villes que cette violence se manifeste quotidiennement et de la façon la plus extrême, comme le témoignent les meurtres d’Adama Traoré ou de Zyed et Bouna… Les contrôles racistes y sont aussi omniprésents, sources d’humiliations et de violences.

A noter que 56% des meurtres sont commis avec des armes de service. Et 24 armes de policiers ont été perdues ou volées depuis le début de l’année, rien qu’en Île-de-France. Récemment Vanessa Campos, travailleuse du sexe trans et racisée, a été assassinée au bois de Boulogne avec une de ces armes.

Un des piliers de cette injustice est la grande impunité judiciaire et la violence que la police est autorisée à exercer (port d’armes, cas de légitime défense larges, arrestations violentes…). En effet, peu de victimes ont obtenu justice jusqu’à lors : le procès du meurtre de Zyed et Bouna, tués il y a 10 ans, n’a eu lieu qu’il y a 2 ans, et les policiers ont été relaxé. Mais des groupes de soutien et des comités (comme Justice pour Adama) ne laissent pas les familles seules face à leur colère et témoignent d’une grande solidarité.

Les violences policières sont aussi présentes pour réprimer les mouvements sociaux. En 2014, Rémi Fraisse mourait par le tir d’une grenade offensive et depuis 2013, on compte 6 morts par « armes non létales ». Des manifestant-e-s sont victimes de mutilations régulièrement (comme Maxime Peugeot qui a eu la main arrachée en mai 2018 à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes).

Et là encore, les interventions policières sont racistes. Dans des camps de réfugié-e-s ou à des occupations comme celle de l’université Paris 8, les expulsions sont faites dans la violence physique et verbale. Les couvertures et tentes sont jetées, rendues inutilisables. On ordonne aux réfugié-e-s de ne parler que le français… Sous des excuses humanitaires de « mises à l’abri », la police effectue des rafles ultra-violentes pour détruire toute organisation et démoraliser les réfugié-e-s et leurs soutiens.

C’est également dans l’acharnement judiciaire que cette violence se retrouve : %Loïc en cavale après avoir dû affronter de nombreux procès illégitimes,
l’affaire de Tarnac qui resurgit 10 ans après les faits, une vague de perquisitions à Bure avec 60h de garde à vue pour certaines personnes, plus de 100 lycéen-ne-s placé-e-s en garde à vue pendant 48h après l’occupation du lycée Arago à Paris…

Plus les armes seront légitimées et la police acquittée, plus il y aura de victimes et de violences.
L’affaire Benalla n’est peut-être pas si exceptionnelle : All Cops Are Benalla.

Pour aller plus loin :

– Bastamag : bastamag.net/webdocs/police/, 2018
– ACAT (Action des Chrétiens Pour l’Abolition de la Torture) : rapport « L’ordre et la force », 2016
– infokiosques.net (thèmes « prison, justice, répression »)
– http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

Expulsions en série

Expulsions en série

Les débats autour de la loi Asile et Immigration ont permis de mettre en lumière la lutte des sans-papiers, ancienne mais souvent invisibilisée.

Pour protester contre cette loi et loger celleux qui dormaient à la rue, plusieurs facs ont été occupées l’année dernière. Si à Jussieu l’occupation en pleine vague de froid fût évacuée sans ménagement sous menace policière par la présidence de la fac — alors que le bâtiment occupé était vide et chauffé –, certaines ont duré. Pendant trois mois des exilé·es ont occupé des bâtiments de l’université de Nantes, et l’occupation d’un bâtiment à Paris 8 à Saint-Denis a duré quatre mois.

Malgré les promesses de régularisation de la présidente de Paris 8, les éxilé·es ont été expulsé·es en juin dernier, dans des conditions particulièrement violentes. Les personnes ont été séparées selon leur couleur de peau, et celleux s’exprimant en arabe ont été gazé·es sans ménagement. A noter aussi l’expulsion récente du squat Schaeffer à Aubervilliers, forçant les occupant·es à s’installer dans le square attenant, sans possibilités de se protéger des intempéries.

Une pensée pour les familles des vitrines

Une pensée pour les familles des vitrines

Le traitement médiatique de la violence [Attention, cet article parle de violences policières]

 

Que l’on pense qu’une forme de violence soit légitime ou pas, le traitement médiatique de cette violence diffère totalement en fonction de qui l’exerce. Ce sont les dominants qui écrivent l’histoire, et conditionnent le récit médiatique.

Prenons comme exemple le traitement médiatique réservé aux manifestant·es. L’imaginaire qui est mobilisé dans ce cas est celui de la brutalité, de l’agressivité et de la volonté de destruction. Un cas récent et concret* : une manifestation dans le cadre d’un festival antifasciste, où un feu a été allumé dans une banque et où il n’y a eu aucun·e blessé·e ni chez les policiers, ni chez les manifestant·es.

D’abord, le titre racoleur « Une manifestation antifasciste dégénère à Angers » évoque des images choc pour ce qu’il s’est réellement passé. Ensuite il y a cette phrase : « En marge de la manifestation, plusieurs casseurs en tête du cortège se sont attaqués à des banques et à des policiers », qui présente une violence consciente et planifiée du cortège de tête, impliquant une agressivité naturelle et non justifiée. Elle implique aussi que c’est la tête du cortège qui a débuté les hostilités et donc qu’elle est la seule origine de violences.

L’expression « En marge de la manifestation » est aussi très importante, car elle sépare les actions du cortège de tête du reste de la manifestation. Or ces actions s’inscrivent dans le contexte et les raisons de la manifestation. Sortir l’action de son contexte permet ainsi de la discréditer.

La phrase qui suit « Plusieurs vitrines de banques du centre-ville ont été brisées et une autre incendiée tandis que des policiers qui encadraient la manifestation ont été victimes de jets de projectiles. » renforce cette idée de violence spontanée des manifestant·es et donne une vision de la police très orientée : celle-ci « encadre » puis est « victime ». Ces expressions placent la police hors du conflit et la traitent au même titre que les vitrines innocentes.

La police est pourtant un élément actif de la violence.
Ils frappent, chargent, attaquent, poursuivent, arrêtent, harcèlent.
Le paragraphe suivant donne la parole à la municipalité d’Angers, qui se place du côté de la police. Aucune autre personne n’est interrogée, et aucune information sur les motivations de la manifestation n’est donnée.

On retrouve systématiquement cet écart dans le traitement par les médias de la violence.

La violence du gouvernement et de la police (violence institutionnelle) est toujours présentée comme légitime et défensive, là où les actions des militant·es et manifestant·es, sont présentées comme violentes et agressives.

En général cette différenciation se déploie de la manière suivante :

— Quand la police commet des violences contre des personnes (harcèlement, coups, blessures), c’est le champ lexical de la défense qui est utilisé. Les violences des policiers sont toujours justifiées : les manifestant·es les méritent. Quand un policier tue quelqu’un, on va analyser profondément le profil de la victime et trouver le plus d’informations dégradantes sur elle (casier judiciaire, habitudes de vie, etc).

— Quand des manifestant·es dégradent du matériel, c’est le champ lexical de la brutalité, de l’agressivité et du danger qui est utilisé. Dans l’exemple précédent, quand un·e manifestant·e casse ou tague une banque, les raisons de ces dégradations ne sont pas abordées : ça peut être lié aux scandales touchant certaines banques ; ou bien être une attaque symbolique, les banques ayant un rôle important dans le maintien d’une économie capitaliste de merde.

Lorsque l’on parle des victimes des policiers, il s’agit d’un « accident », voire d’une « bavure », d’un « dérapage ».
C’est complètement hypocrite : la majorité des victimes de la police (mort·es ou blessé·es) le sont dans le cadre de contrôles réglementaires et légaux.

* https://www.bfmtv.com/police-justice/une-manifestation-antifasciste-degenere-a-angers-1528692.html

Les douleurs de règles ne sont pas normales

Les douleurs de règles ne sont pas normales

L’endométriose est une maladie chronique grave, invalidante, qui touche 10% à 20% des femmes* partout dans le monde, c’est ENORME.
Quelques symptômes : règles douloureuses, douleurs dans le bas-ventre (notamment lors de pénétration vaginale), problèmes urinaires, problèmes intestinaux, fatigue chronique.

Pourquoi ?
Du tissu semblable à l’endomètre (tissu tapissant l’intérieur de l’utérus, que l’on perd pendant les règles) se développe à des endroits où il ne devrait pas : ovaires, vagin, rectum, vessie, intestin, thorax… Peu importe où il se trouve, ce tissu continue de réagir aux hormones : il saigne pendant les règles, créant des hémorragies internes, une réaction inflammatoire chronique, à l’origine de douleurs très intenses.

Le délai du diagnostic est d’environ SEPT ANS après l’apparition des premiers symptômes ! C’est en grande partie dû au peu d’importance qu’on accorde à la douleur des femmes. Pendant que cette douleur est ignorée, la maladie progresse et cause des dégâts irréversibles : l’endométriose est la première cause d’infertilité des femmes en France. Le diagnostic est posé à la suite d’examens : échographie pelvienne endovaginale (introduction d’un appareil enduit de gel dans le vagin), Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM), colo-scanner.

Il n’existe pas de traitement spécifique. L’endométriose implique une prise en charge médicale à vie : anti-douleurs, anti-inflammatoires, contraceptifs, voire chirurgie.

Pourquoi si peu de remèdes ?

Pourquoi une maladie si grave et fréquente demeure si mystérieuse ?
Les origines de cette maladie, pourtant très invalidante et fréquente, sont méconnues.
Parce qu’on ne fait pas assez de recherche dessus. Parce que c’est une maladie qui ne concerne pas les hommes. Conséquences au quotidien pour les femmes atteintes : difficulté à effectuer les actions de la vie quotidienne, à entretenir une vie sociale et familiale ; scolarité, études et vie professionnelle perturbées, discriminations au travail, isolement, dépression.

Si vous pensez que vous êtes concernée, il est important de consulter un·e gynécologue ou un·e généraliste. [CW : mention de violences gynécologiques] On risque de vous rembarrer, de vous dire que vous êtes une chochotte, de prendre un ibuprofène et ça ira, on vous parlera mal et on ne vous prendra peut-être pas au sérieux…
Mais vous aurez raison de forcer si vous le pouvez, vous n’êtes pas responsable, vous souffrez, et il faut qu’on vous fournisse une prise en charge adaptée pour mieux supporter les douleurs ! Ici une liste de gynécologues :
A propos

Si vous avez besoin de soutien vous pouvez vous adresser notamment au Collectif féministe de Paris 6 (par mail collectif-feministe@protonmail.com).

Trouvez plus d’infos : endomind.org, info-endometriose.fr

*peut concerner, en fait, toute personne munie d’un vagin : des femmes cisgenres mais aussi des hommes trans, des personnes intersexes et des personnes non-binaires.